Plongez dans l’univers de l’art de guérir, de la santé publique et de l’hygiène en province de Namur au XIXe siècle par le biais d’un nouvel inventaire des archives provinciales.
Les dossiers provinciaux relatifs à la santé et à l’hygiène publique sont intimement liés à l’activité des commissions médicales provinciales. Celles-ci assistent les gouverneurs de province qui ont en charge l’organisation médicale et la réglementation de la prophylaxie contre les maladies infectieuses. Chargées de l’examen et de la surveillance de tout ce qui se rapporte à l’art de guérir, elles ont dans leurs attributions l’examen des titres et des capacités de ceux qui s'établissent dans leur province pour y exercer l’une des branches de la médecine, chirurgien, accoucheur ou sage-femme, pharmacien, oculiste, dentiste, droguiste ou herboriste, dont elles établissent les listes annuellement. Dans leur ressort respectif, elles contrôlent la pratique des arts médicaux et tout ce qui se rapporte à la santé publique, de l’exploitation de nouveaux remèdes, à la lutte contre les épidémie et l’insalubrité.
Les dossiers relatifs à ces compétences regorgent de documents éclairant la pratique des différentes branches de la médecine, l’exploitation et la recherche de nouveaux remèdes, les réactions des autorités et des citoyens face aux nombreuses épidémies de choléra, typhus, variole qui ravagèrent le pays, l’organisation de la vaccination, …
La place de la femme dans le milieu médical peut également y être appréhendée, notamment grâce aux nombreux documents relatifs à la formation et à la pratique du métier de sage-femme. Si l’une de vos ancêtres namuroises a exercé cette merveilleuse profession au XIXe siècle, peut-être retrouverez-vous un dossier d’admission ou de demande de subsides la concernant ?
Souvent cantonnées aux rôles de sage-femme ou d’infirmière, les femmes n’étaient pas admises, à l’époque, à exercer d’autres activités médicales. L’intitulé d’un document et le contenu de certains dossiers, notamment parmi les demandes remises d’amende pour exercice illégal de la médecine, laissent entrevoir à quelle point l’accès des femmes à d’autres pratiques médicales que celles d’accoucheuse était alors tabou.
Travaux d’assainissement
Dans le sillage du courant hygiéniste, d’importants travaux d’assainissement sont mis en œuvre au XIXe siècle, tant dans les zones urbaines que rurales de la province. Étroitement liés à la lutte contre les épidémies et à l’accès de la population à l’eau potable, ils sont abondamment documentés dans le fonds provincial namurois. Il est ainsi possible de retracer l’historique de l’approvisionnement des communes en eau entre 1830 et 1940 : forages de puits, placements de fontaines et pompes publiques, canalisation de sources et installation des premières distributions d’eau potable… Ces documents sont également révélateurs du paysage namurois de la fin du XIXe siècle : certains dossiers contiennent en effet des rapports établis par la commission médicale provinciale de Namur décrivant de manière très précise l’implantation des villages, celle des maisons au sein des rues et leur environnement naturel, offrant ainsi un instantané étonnamment net de la vie rurale namuroise à la fin du XIXe siècle.
Les dossiers des plaintes formulées par les citoyens et les communes constituent également une source intéressante pour l’histoire environnementale. On y trouve, par exemple, des informations sur les pollutions auxquelles les habitants étaient exposés, sur les nuisances causées par certaines activités établies en centre-ville, comme les tanneries, etc.

L’inventaire
GODINAS Julie, Inventaire des archives du Gouvernement provincial de Namur : Santé publique et hygiène (1808-1943), série Inventaires Archives de l’État à Namur n°276, publication n° 6677, Bruxelles, Archives générales du Royaume, 2026.









